Publié dans Politique Écrit par février 06 2019

L’opposition ivoirienne hausse le ton ! Au terme d’une réunion, vendredi, à la Maison du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), une vingtaine de partis politiques et mouvements de l’opposition ont dénoncé les pratiques du gouvernement d’abord concernant la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI). Au terme de la rencontre, ils ont rejeté le mode opératoire proposé par le gouvernement pour réformer l’institution chargée d’organiser la présidentielle de 2020. Là où le gouvernement veut se contenter d’une simple recomposition de l’institution, les partis de l’opposition veulent aller plus loin. « Les partis politiques de l’opposition rappellent que leurs exigences portent sur une réforme profonde de la CEI. Cette réforme, mainte fois réclamée devra déboucher sur la mise en place d’un organe totalement indépendant et impartial, conforme aux standards internationaux », a décadré Soro Brahima, président de l’Union pour la Côte d’Ivoire (Upci). « Les partis de l’opposition, a poursuivi M. Sorço, considèrent que les questions qui relèvent du cadre général et institutionnel des élections et relatives au code électoral, à la liste, à la cartographie électorale et à la sécurisation des élections, sont partie intégrante de la concertation nationale sur la réforme de la CEI ». En ce qui concerne la méthode, Me Soro Brahima et les partis de l’opposition exigent la convocation d’une large concertation consensuelle et inclusive, « dans un cadre tripartite, comprenant les partis politiques, les organisations de la société civile et le Gouvernement ».

Dénis Traoré

Publié dans Culture Écrit par décembre 25 2018

Abidjan, 23 décembre 2019- L'ambassadeur de la Chine en Côte d'Ivoire Tang Weibin a annoncé lors d'une cérémonie organisée à l'honneur des fonctionnaires ivoiriens ayant bénéficiés de stage de formation en Chine, que le succès de la coopération entre les deux pays sera célébré les 21 et 22 janvier 2019 au palais de la culture de Treichville, à travers un spectacle que livrera une troupe artistique de haut niveau venue tout droit de la Chine.

 

Poursuivant, il a indiqué que cette coopération qui est à son 35ème anniversaire montre que "les relations sino ivoiriennes ont atteint le meilleur niveau de leur histoire"

 

Aux séminaristes, l'ambassadeur a demandé de mettre leur formation à profit et de partager leur expérience. " Vous êtes allés en Chine, vous êtes les meilleurs témoins de la coopération sino ivoirienne. Je vous encourage  à parler de la coopération, tout en formulant un vœux à l'endroit des professionnels de médias "Je forme le vœux de voir de plus en plus de reportages, de récits sur la Chine, sur les échanges sino ivoirien" a-t-il souhaité.

 

M. Tahirou Koné, le représentant des séminaristes a pour sa part fait savoir que "Cette extraordinaire expérience a été l'occasion pour tous les participants de recevoir des enseignements de qualité dans nos domaines respectifs. Elle a été également  l'occasion d'un véritable partage d'expérience et de connaissance de la Chine au plan économique, culturel, politique, géographique..." 

 

"Nous sommes des ambassadeurs de la Chine auprès de nos collègues, de nos amis de nos proches qui n'ont pas encore eu l'occasion de découvrir ce beau et vaste pays. Nous souhaitons  que davantage de cadres ivoiriens puissent participer les années à venir aux différents séminaires et programmes afin de leur permettre de mieux  appréhender les technologies chinoises dans divers domaines d'activités et de les mettre à profit" a-t-il plaidé

 

Quant à M. Bamba Soumaïla Directeur Asie pacifique du Ministère des Affaires Étrangères, il a salué le dynamisme des relations entre la Côte d'Ivoire et la Chine.

À l'en croire, "les  projets réalisés et ceux en voie de réalisation confirment la fiabilité de la coopération que nous voulons gagnant gagnant"

 

Puis d'indiquer que "La Chine est classée 1ère en terme de pays pourvoyeur de stage de formation en faveur des fonctionnaires ivoiriens, dont le nombre est passé à  392 en 2018 contre 95 en 2017" dira-t-il

 

 

Il est à noter qu'au  nombre des projets financés par la Chine, on peut relever entre autres la construction du plus grand stade olympique d'Ebimpé d'un coût de 120 millions de dollars américains  qui sera livré en septembre 2019. Également Le lycée d'excellence Grand Bassam en cours de réalisation.

 

Awa Tee

Publié dans Culture Écrit par décembre 19 2018

Abidjan, 19 décembre 2018 (SM)-La deuxième édition du prix du meilleur journaliste pour la lutte contre l'apatridie a été lancée par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés(Unhcr) en collaboration avec la Direction d'Aide et d'Assistance aux Réfugiés et Apatrides(Daara) du Ministère des Affaires Étrangères, le lundi 17 décembre à la salle de conférences dudit ministère à Abidjan-plateau.

Les journalistes détenteurs de la Cijp ou de la carte de presse de leur organe en cours de validité désireux de postuler au prix sont invités à envoyer leurs productions au plus tard le 31 mars 2019 à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Pour ceux de la presse écrite et en ligne, les productions (Reportage, Interview ou enquête) ne doivent excéder 10.000 caractères. Quant aux journalistes radio et télé, ils sont priés de réaliser une production de 13 minutes tout au plus. Le meilleur candidat de chaque catégorie répartira avec un trophée, un laptop, un dictaphone numérique, une enveloppe symbolique et un voyage de renforcement des capacités sur les droits de l'homme à l'étranger.

Les lauréats soumettront un rapport au plus tard une semaine après le retour, sur leur participation au voyage de renforcement de capacités. Ils seront associés avec leur accord, à une activité de photographie avec les enfants à risque d'apatridie en vue de réaliser des productions et contribuer à la sensibilisation du grand public sur le phénomène.

Le représentant du Hcr a vivement souhaité que pour cette autre édition, les productions proposées par les professionnels de médias soient de qualités tout comme celles de l'année dernière. " je voudrais formuler le souhait que pour l'édition 2018-2019, qu’il y ait d'autres productions plus éloquentes. La lutte contre l'apatridie se poursuit. Et donc, il est tout à fait normal que nous puissions intensifier les efforts à travers les communications, à travers les grands reportages, pour que d'ici 2024 ce fléau soit éradiqué " a déclaré M. Sébastien Apatita.

Pour sa part, M. Obou Armel de la Daara tout en saluant l'initiative a renouvelé l'engagement de sa direction aux cotés du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (Unhcr) à toujours faire  de la lutte son cheval de bataille. 

 

Awa Tee

Publié dans Politique Écrit par décembre 11 2018

Dans une chronique de voyage de Paris à Brazzaville, le président de l’Assemblée nationale revient sur ses rapports avec certains chefs d’Etat.

Selon lui, les anciens présidents du Gabon et du Burkina Faso ont joué un rôle important dans sa carrière politique.

« Au-delà de tout ce que les gens peuvent dire, je suis reconnaissant envers le Président Bongo père comme je le suis envers le Président Blaise Compaoré », a écrit Guillaume Soro dans sa chronique. « Ils ont éminemment contribué à faire de moi l’homme politique et l’adulte bien trempé que je suis devenu », a-t-il expliqué.

Tani O.

 

Ci-dessus l’intégralité de la chronique :

 

 

Chronique d’un voyage de Paris à Brazzaville (II)

Soro Guillaume Kigbafori·Mardi 11 décembre 2018

Chers Tous,           

Je vous ai raconté dans l’épisode précédent, mon périple du centre-ville de Paris à l’Aéroport Charles de Gaulle le matin du samedi 8 décembre 2018. Je vous raconte à présent ce que j’ai vécu dans l’avion d’Air France me menant de Paris vers Brazzaville. Un hasard tout simplement incroyable.

 

            En effet, à peine entré dans l’avion, je me dirige dans la classe Affaires où se trouve mon siège. J’arrive à ma place, je m’installe. Ô surprise !  Je trouve juste à côté de moi, un jeune homme dont le visage me paraît familier. Nous nous regardons. Et là, tout d’un coup, des souvenirs me reviennent en flashes à l’esprit. Je regarde les traits du visage et…l’image de feu le Président Omar Bongo s’impose. Les funérailles du Président Bongo apparaissent dans mon souvenir. En effet je me revois en compagnie de la Première Dame Simone Gbagbo, lorsque j’avais représenté le Président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo à ce deuil. Je me souviens. C’était hier.

             Je revois le frêle visage de l’enfant d’alors, devenu un homme dans la force du jeune âge à présent. Mon voisin de voyage n’est personne d’autre que Omar Denis Bongo, fils du défunt Président Omar Bongo Ondimba et de sa défunte épouse Edith Bongo née Sassou Nguesso ! Il est donc aussi le petit-fils du Président Denis Sassou Nguesso.  Qu’est-ce qu’il a grandi. Son visage est couvert par une barbe généreuse.  Ô, l’œuvre du temps est incroyable ! Je le prends dans mes bras. Nous nous reconnaissons aussitôt. Nous nous installons et entamons aussitôt une causerie pleine d’humanité que j’aimerais, autant que faire se peut, vous rapporter, tellement elle comporte des enseignements pour nous tous !  J’ai contemplé et écouté longuement le jeune fils du Président Bongo. Il m’a vraiment séduit. Il m’a d’abord donné ses nouvelles. De brillantes études supérieures poursuivies en Angleterre et à Harvard aux USA, se couronnent actuellement à Oxford.

 

 

Avec le fils Omar Dénis Bongo.

             J’ai donc éprouvé le désir, prenant à mon tour la parole, de raconter à Omar Denis Bongo, celui que fut pour moi son père, le regretté Président Omar Bongo Ondimba. Le Père Bongo m’a énormément aidé. Il fut réellement bon pour moi. Voici l’épisode historique que j’ai raconté à ce cadet. Vous méritez tous que je vous le raconte aussi car l’histoire des hommes est leur meilleure école. Quand nous faisions les négociations de Marcoussis-Kléber en 2003, au dernier jour nous nous sommes retrouvés au Centre de Conférences de Kléber, devenu maintenant l’Hôtel Péninsula à Paris. Après l’ouverture de la Conférence,  les discours du Président Chirac, du Secrétaire Général de l’ONU,  Koffi Annan et du Président sud-africain Thabo Mbeki, nous étions assis dans une pièce, avec le Président Laurent Gbagbo. Il s’agissait de commencer les négociations sur la formation du gouvernement et le partage du pouvoir. Sur ces entrefaites, le Ministre français des Affaires Etrangères, Dominique de Villepin arrive et s’adresse au Président Laurent Gbagbo :

 

    - Monsieur le Président, le Président Chirac vous attend dans l’autre salle. Les négociations vont commencer tout de suite.

 

Un peu surpris par l’accélération des événements, Laurent Gbagbo voulait objecter, mais De Villepin insista d’un ton ferme : - Monsieur le Président, c’est tout de suite. Je vous en prie, allons-y. Le Président Laurent Gbagbo se leva et suivit alors De Villepin. Quelque temps après, Dominique de Villepin refait son apparition dans la salle où j’attendais.                  

- Monsieur Guillaume Soro, vous êtes attendus par le Président Chirac. Veuillez me suivre. Autant vous dire que je ne me suis pas fait prier.

Je trouve dans la salle de négociations le Président Jacques Chirac. A la gauche du Président Chirac, se trouve le Secrétaire Général de l’ONU, Koffi Annan, paix à son âme. A gauche de Koffi Annan, est assis le Président Omar Bongo Ondimba, paix à son âme. Puis Dominique de Villepin et Madame Nathalie Delapalme. A droite du Président Chirac, est assis le Président Laurent Gbagbo. On m’invite à m’asseoir du côté droit  du Président Chirac, donc à droite du Président Gbagbo. Nous étions au nombre de sept personnes dans la salle. Jacques Chirac s’adresse alors vigoureusement à moi : -Monsieur Soro, vous avez pris les armes contre votre pays, la Côte d’Ivoire pour renverser un gouvernement démocratiquement élu ! Vous avez levé une rébellion dans le pays. C’est inadmissible et je tiens à vous le faire savoir. Ce ne sera pas sans conséquences ! Je fus effrayé. Je n’avais que 29 ans et je n’avais jamais été confronté à des négociations de si haut niveau. Que voulait donc me faire Jacques Chirac ? Je me sentais vraiment tendu, presque désemparé. Ces négociations, me disais-je, commençaient vraiment très mal pour moi. Tournant la tête à gauche et à droite de l’assemblée, je cherchais désespérément un regard compatissant et compréhensif, face aux salves que je subissais de la part du Président Jacques Chirac. Songeur, je croise le regard du Secrétaire Général de l’ONU, Koffi Annan. Il est impassible, inexpressif, impavide.  Bien sûr, ce n’est pas dans le visage du Président Laurent Gbagbo que je pouvais trouver secours. Il était à ma gauche et attendait tranquillement de voir comment je me tirerais de la charge du Président Jacques Chirac. Avait-il lui-même subi les assauts du Président Chirac? Je ne saurais le dire!             C’est donc très fébrile que je croisai le regard du Président Omar Bongo Ondimba. Il me fit alors un sourire discret et un clin d’œil astucieux et profond. Ce regard m’apparut comme une bouée de sauvetage. Quel encouragement subtil ! Pour moi, c’était comme si le Président Bongo m’avait dit :

 

    - Oh, fiston, ne te laisse pas intimider. Vas-y, parle ! Défends ton point de vue et ton combat. C’est maintenant ou jamais !           

 

Je pris alors la parole avec détermination et fit valoir les motivations de l’engagement historique de mon mouvement politique. Je réussis tant bien que mal à faire basculer la situation périlleuse pour obtenir les résultats que vous connaissez.    

 Dans cet avion qui nous mène de Paris à Brazzaville au Congo, pays de son grand-père et de sa mère, j’explique à Omar Denis Bongo que je dois ce rebondissement de négociations au coup de pouce inespéré de son feu père, Omar Bongo Ondimba ! Dans la vie, il faut être humble et reconnaissant envers tous ceux qui vous ont aidé, quoique vous puissiez par ailleurs penser d’eux ! J’avais si bien négocié que nous obtenions à l’issue de cette réunion, neuf portefeuilles ministériels. Mais, je n’ai pas fini de vous conter le Président Bongo.

 

Après la réunion décisive de Kléber, je demandai à voir le Président Bongo pour le remercier. Mon compagnon Roger Banchi m’attendait le soir à l’hôtel Meurice où nous rencontrâmes le Président Bongo. Je lisais dans son visage la fierté et l’affection qu’il portait à ce jeune homme que j’étais. Sûrement que je lui rappelais sa propre jeunesse, quand il eut à un très jeune âge à assumer les lourdes charges de l’Etat. Me prenant dans ses bras il me dit ceci: -          Ah, fiston, ça va ? En forme ?   - Oui, Monsieur le Président, Oui Papa, ça va, lui répondis je.   - Maintenant, quel poste vas-tu occuper au gouvernement?  - Je ne veux pas rentrer au gouvernement de Gbagbo. La lutte n’est pas encore terminée. Moi je resterai à Bouaké. J’enverrai d’autres compagnons au gouvernement. Le Président Bongo répliqua alors :

 

    - Non, non, non ! Fiston, c’est une erreur. Tu te trompes! Fiston tu ne connais pas les hommes. Tu sais, les gens que tu vas envoyer au gouvernement: le premier jour tu les auras au téléphone. Le deuxième jour, tu seras obligé de passer par leurs secrétaires pour les avoir. Le 3ème jour, leurs secrétaires te diront qu’ils te rappèleront. Le 4ème jour ça sera silence radio. Tu ne les auras plus.

 

Quelle leçon de choses? Cette sagesse du Président Omar Bongo m’éveilla une fois de plus. Séance tenante, il prit son téléphone et appela le tout nouveau Premier Ministre Ivoirien d’alors, l’Ambassadeur Seydou Elimane Diarra : - Allo, il faut que tu donnes un poste important à mon fils Guillaume Soro dans le gouvernement. Et me voilà Ministre d’Etat Ministre de la communication! C’est le Président Omar Bongo Ondimba qui m’envoya au Gouvernement.

Je l’ai dit à Omar Denis Bongo fils qui en était tout ému. Le jeune fils du Président Bongo me révèle alors : -Ah, grand frère, tu sais. Nous, on a mieux connu notre papa à travers les récits que de nombreuses personnes nous font de ses actes. Et chaque fois, j’apprends des témoins de la vie de mon père, des choses extraordinaires que je ne soupçonnais même pas !

 

Et moi de renchérir :

-          Ton père m’a aidé matériellement, financièrement, moralement, politiquement, à devenir ce que je suis. Il m’a accompagné dans les premières marches de ma vie en politique. C’était un mentor. Il m’aimait bien et je l’aimais beaucoup. Certes, beaucoup disent qu’Omar Bongo était un dictateur, il était ceci, cela. Mais je ne suis pas manichéen. Je crois que tout être humain a des qualités et des défauts. Moi, j’ai des défauts et je pense,  aussi quelques qualités. De même, le Président Bongo ne peut pas avoir été uniquement bon, ou uniquement mauvais. Ce que je tiens à dire, c’est que moi, j’ai rencontré justement les qualités du Président Bongo, ces qualités qui lui ont permis d’être l’un des plus grands financiers de la lutte révolutionnaire et armée de l’ANC du Président Nelson Mandela en Afrique du Sud contre le régime discriminatoire de l’Apartheid! Poursuivant je lui fais remarquer : -Je crois que si le Président Omar Bongo Ondimba vivait, la Côte d’Ivoire n’aurait sans doute pas connu la tragédie de la crise postélectorale 2010-2011. Le Président Bongo avait une telle influence qu’il aurait pu amener tous les acteurs de la crise ivoirienne à éviter le conflit de 2010-2011 sans inutile effusion de sang. Il aurait appelé Gbagbo, Ouattara, Bédié, moi-même, pour désamorcer cette crise. C’était un Grand Africain. L’un de ces Chefs d’Etat qui, à l’instar d’un Kadhafi, d’un Blaise Compaoré, d’un Gnassingbé Eyadéma, d’un Houphouët-Boigny ou d’un Nelson Mandela, pouvaient positivement peser sur les médiations politiques des crises africaines, avec des résultats certains. Qu’est-ce que cela nous manque aujourd’hui ! Je ressens personnellement cela. Bien des choses qui se passent actuellement en Côte d’Ivoire n’auraient pas été possibles avec un Président Bongo vivant. Il connaissait bien le dossier ivoirien.

 

Le jeune Omar Denis Bongo m’écoute avec intensité et attention quand j’ajoute ceci :

-Vois-tu, cher Omar Denis, tu dois garder cette humilité que tu manifestes. C’est essentiel pour traverser les hauts et les bas de la vie, en faisant le moins de tort possible autour de soi-même. Regarde-toi. Tu es fils du Président défunt de la République gabonaise, tu es petit-fils du Président de la République du Congo, et tu es le petit frère de l’actuel Président de la République du Gabon, Ali Bongo Ondimba ! Tu aurais pu avoir la tête si grosse que tu regarderais presque toutes les personnes que tu rencontres avec condescendance et même arrogance. Mais non, tu restes humble. Et cela est plus précieux que tout l’or du monde ! Or, il y a des gens si narcissiques en ce monde ! A peine ils sont passés par un poste ministériel, leur tête devient si grosse qu’on ne peut plus respirer! Le manque d’humilité pollue hélas notre classe politique en Afrique.

            Omar Denis Bongo me fait alors remarquer que ses parents les ont envoyés en Angleterre très tôt, pour leur imposer une discipline de vie qu’il observera toujours. Au Gabon, on les soupçonnait sans cesse d’être favorisés à l’école. Alors, un matin, son père est venu leur dire : - Vous partez en Angleterre. Omar Denis Bongo me dit que certes, son père leur a donné à chaque fois tout ce dont ils avaient besoin. Mais c’est leur mère, Edith-Lucie Bongo née Sassou, qui a veillé au grain. Par exemple, chaque fois que leur père Omar leur donnait abondamment de l’argent, leur mère mettait le grappin sur le butin pour leur imposer de le gérer méticuleusement. Elle ne leur donnait que le strict nécessaire. Elle disait à son époux : - Pourquoi tu donnes l’argent aux enfants comme ça ? Tu risques de les gâter ! Eduquée par l’ancien communiste Denis Sassou Nguesso, elle avait gardé le sens des choses simples de la vie et leur en a transmis la saveur. Edith a su transmettre ces bases spirituelles de la dignité humaine à ses enfants. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences du pouvoir ! Les valeurs essentielles de la vie sont importantes pour tous, riches ou démunis ! Humilité, reconnaissance, intelligence !           

J’ai en commun l’expérience douloureuse d’être orphelin avec ce jeune frère.  Denis Omar Bongo conserve partout avec lui le drapeau qui fut posé sur le cercueil de sa mère. Il a fouillé dans sa valise dans l’avion et me l’a montré avec émotion. Son père le lui avait confié à la fin du deuil officiel de sa mère :- Prends ce drapeau, cher fils. Il te permettra de te souvenir tous les jours de ta mère. Ne le quitte jamais. Quel saisissement!

 

Sur le coup je me mis à songer à mon propre sort. Orphelin de père et de mère depuis mes années étudiantes, il m’arrive de penser avec commotion à ma mère. Qu’est-ce que je l’aimais ma mère! Je l’aimais si fort, ma mère. Enfant je me souviens que lorsque je faisais une bêtise ma mère en me réprimandant me disait souvent « fils tu as intérêt à être responsable car le jour où je ne serais plus de ce monde tu connaîtras la méchanceté des hommes. » Alors je me mettais à pleurer je ne voulais pas que ma mère meure. Je songeais qu’il était préférable de mourir avec ma mère. Dans l’avion, je repensais à ma mère. Je me sens triste à chaque fois que je m’y replonge. Je ressens un vide dans les grands moments de ma vie. Oui quand en 2007 je fus nommé Premier Ministre, alors que tout le monde me félicitait, je songeais à ma mère : qu’est-ce qu’elle aurait été heureuse et fière de moi? J’aurais tout donné pour qu’elle soit là à mes côtés, pour voir ce que j’étais devenu ! Elle qui mourut sans un seul jour avoir « mangé » un centime de moi. Elle me manque ma mère. Elle me manquera à jamais.

 

Sortons de la digression. Quelles leçons retenir toutefois de cette longue et profonde conversation en avion de Paris à Brazzaville ?

D’abord la reconnaissance. Cette valeur est cardinale dans la vie. Au-delà de tout ce que les gens peuvent dire, je suis reconnaissant envers le Président Bongo père comme je le suis envers le Président Blaise Compaoré. Ils ont éminemment contribué à faire de moi l’homme politique et l’adulte bien trempé que je suis devenu.

Deuxièmement, le jeune Omar Denis Bongo, cet universitaire solide,  manifeste une qualité que je  souhaite voir cultiver dans le milieu des familles politiques. L’humilité. À mon sens la simplicité doit régner au sommet de nos républiques, car c’est elle qui maintient la confiance de nos peuples  envers leurs dirigeants.

            La troisième chose que je voulais dire, c’est qu’on a pu critiquer à raison le paternalisme des anciens leaders d’Afrique. Mais il ne faut pas jeter le bébé et l’eau du bain. On oublie que l’Afrique a énormément bénéficié du leadership et des médiations de ces grands hommes d’Etat qui lui ont évité de nombreuses guerres, de nombreux conflits inutiles. Sait-on seulement combien de fois un Président comme Blaise Compaoré a fait cesser des conflits à travers l’Afrique de l’Ouest ? Une certaine opinion politique et certaines puissances ont vu d’un mauvais œil ce leadership africain fort. Mais il n’en demeure pas moins vrai qu’autant nous avons aujourd'hui besoin d’institutions fortes, autant il nous faut un leadership fort pour les incarner et assurer le plein rayonnement de notre continent. Et c’est là qu'il faut prendre conscience de ces mémoires vivantes d’Afrique. Une fois de plus, par-delà les critiques légitimes ou illégitimes qu’on peut faire à leur action historique.            Dans le troisième épisode de cette Chronique de voyage, je vous promets donc de vous entretenir sur quelques flashbacks de ma relation avec le Président de la République du Congo. Notre continent n’avancera qu’en se projetant vers le futur avec la pleine conscience de son passé !

A bientôt donc, très chers lectrices et lecteurs!

Mes pensées les meilleures, depuis Brazzaville au Congo !

Votre,Guillaume Kigbafori Soro

Publié dans Politique Écrit par septembre 14 2018

Abidjan, 13 septembre 2018 (SM)- Le gouvernement ivoirien fait de lutte contre la migration irrégulière son cheval de bataille. Il a de ce fait initié une campagne de sensibilisation avec l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et la république fédérale d’Allemagne.

La campagne qui durera sept mois s'étendra sur les villes d'Abidjan, Daloa, Bouaké et Korhogo. Elle vise à sensibiliser la population aux risques inhérents à la migration selon Jacobo Carbonari chargé d'affaires à l'OIM, qui a expliqué le choix des villes.

"Notre objectif est d’atteindre 10 000 candidats potentiels à l’immigration clandestine. Les zones comme Daloa, Korhogo, Bouaké et Abidjan ont été choisies à dessein pour piloter ce projet. Ce sont des zones de transit et de départ de migrants" Financé à hauteur de 131 millions, par l'Allemagne et exécuté par l'OIM, le projet sera piloté par des ex-candidats à la migration irrégulière rapatriés à Abidjan.

Awa Tee

Publié dans Politique Écrit par septembre 05 2018

Abidjan, 04 septembre 2018 (SM)- Ils sont au nombre de 160, les exilés de la crise post- électorale de 2001- 2002, qui ont regagné leur pays, mardi.

 

Ces exilés volontaires venus du Ghana(42) et du Togo (118) ont été accueillis au siège de la Direction d'Aide et d' Assistance aux Réfugiés et Apatrides ( DAARA).

 

"Les familles ont été enregistrées. Occasion également pour elles d'exposer leurs difficultés, afin d'y trouver une réponse, pour faciliter leur réintégration" a indiqué Mme Dieket Minata, directrice de la DAARA, au ministère des Affaires étrangères.

 

Depuis  le début du rapatriement en 2011, ce sont 69.474 personnes  qui ont fait objet de  rapatriement assisté.

 

Au début de la crise, la Côte d'Ivoire comptait 300.000 personnes  réfugiés dans la sous région.

 

27.740 autres réfugiés bénéficieront d'une assistance pour faciliter leur retour, a en croire Mme Dieket.

 

Awa Tee

 

Publié dans Politique Écrit par août 17 2018

 

Le paysage politique ivoirien est en pleine mutation depuis le discours mémorable à la nation du Président ivoirien, le 6 août dernier. L’Union des Soroïstes, mouvement politique regroupant les proches de Guillaume Soro, organise son premier Conseil samedi 18 août 2018 à la Bourse du Travail d’Abidjan-Treichville. Le thème de la rencontre : « Bâtir la République de confiance avec Guillaume Soro ». Les hommes de Guillaume Soro qui veulent pousser leur leader à se présenter à l’élection présidentielle de 2020 trouvent là une occasion de lui démontrer leur capacité de mobilisation. Plusieurs communications seront dites à cet effet. Notamment celle du Professeur Mamadou Djibo sur ‘’l’Etat de Droit et la Démocratie: le cas de la Côte d’Ivoire’’, du Président de l’UDS, Marc Ouattara, sur ‘’La République de Confiance’’, et du représentant du Président Henri Konan Bédié. C’est le premier grand rendez-vous de l’UDS après celui de juillet 2017 lors de sa rentrée politique à l’Hôtel Belle Côte de la Riviera. L’UDS est un mouvement de soutien aux actions de paix et de réconciliation du Président Guillaume Soro. L’Union a été créée en 2015 et revendique plus de 18 000 membres.

D.T

 

 

Publié dans Economie Écrit par août 05 2018

Le petit robot roule jusqu'à la table, relève le couvercle de plexiglas, dévoilant un plat d'écrevisses, et lâche un mécanique "Bon appétit". Dans ce restaurant futuriste de Shanghai, les automates ont remplacé les serveurs.

Avec ce concept, le géant chinois du commerce en ligne Alibaba poursuit son ambition de moderniser les services dans un pays où l'intelligence artificielle et la robotique sont de plus en plus intégrées au commerce.

Avec ses restaurants Robot.He et ses boîtes automatisées de la taille d'un four micro-ondes qui roulent sur une piste dédiée pour apporter son plat au client, Alibaba entend augmenter l'efficacité du service et abaisser le coût du travail.

"A Shanghai, un serveur coûte jusqu'à 10.000 yuans par mois (1.250 euros). Cela fait des centaines de milliers de yuans par an. Et il faut deux équipes de serveurs", explique Cao Haitao, chef de produit chez Alibaba, à l'origine du concept.

"Mais pas besoin de deux équipes de robots et ils sont de service chaque jour".

Les restaurants Robot.He dépendent de la chaîne de supermarchés semi-automatisés Hema, appartenant également à Alibaba, où les clients remplissent leur caddie via une application mobile et reçoivent leurs achats à la caisse par tapis roulant ou directement livrés chez eux.

Les 57 supermarchés Hema répartis dans 13 villes chinoises auront tous à terme leur restaurant Robot.He

Pour les experts, ce concept sert toutefois davantage de vitrine technologique à la firme de Jack Ma que de nouveau modèle d'affaires dans un pays où le coût du travail reste relativement faible.

Mais ces restaurants sont aussi typiques du recours effréné aux nouvelles technologies dans un pays décidé à devenir un leader de l'intelligence artificielle sous l'impulsion du gouvernement.

Les paiements en ligne depuis le téléphone portable rivalisent déjà avec les billets pour de nombreux achats et des pans croissants du commerce de proximité, des pharmacies aux librairies, se passent dorénavant de caisses.

Le coût reste élevé

Le grand rival d'Alibaba, JD.com, compte lui aussi ouvrir d'ici 2020 1.000 restaurants où les plats seront préparés et servis par des robots.

Et comme Amazon aux Etats-Unis, JD.com et d'autres entreprises chinoises envisagent de livrer des marchandises par drones.

Toutes ces innovations pourraient leur permettre de limiter leurs coûts alors que la croissance jusqu'ici galopante du commerce en ligne en Chine commence à stagner.

"Avant, tout le monde cherchait une expansion rapide. Mais la croissance est terminée et tout le monde se concentre sur l'amélioration de son fonctionnement", décrypte Jason Ding, spécialiste du commerce chinois chez Bain & Company.

"Il s'agit de diminuer les coûts et d'améliorer le service. Ces technologies utilisant des machines automatisées, bien utilisées, peuvent jouer un rôle", juge-t-il.

Chez Robot.He, les clients réservent leur table et commandent leurs plats sur une application dédiée.

Et l'attrait de la nouveauté provoque de longues queues devant le restaurant pour pouvoir se faire servir par un robot.

Ma Yiwen, 33 ans, est venue avec une dizaine de collègues.

"On aime tous manger et on est venu prendre notre pause déjeuner pour tester un bon repas près de notre bureau. L'idée d'un robot livrant la nourriture à notre table est très innovante et on voulait le voir de nous-même", explique-t-elle.

Ma Shenpeng vient chaque semaine, attiré par le prix. "Normalement, pour deux-trois personnes, un repas coûte 300-400 yuans (38-50 euros), mais ici c'est juste un peu plus de 100 yuans".

Mais si les robots permettent d'économiser sur le personnel, ils ne le remplaceront pas, estime Wang Hesheng, professeur de robotique à l'Université Jiaotong de Shanghai: le coût de ces robots reste selon lui trop élevé pour envisager leur généralisation.

A moins que le coût de la main d'oeuvre continue de croître, explique-t-il: "Si le coût du travail continue d'augmenter toujours plus, les robots compenseront".

Source: AFP

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